Gratis Pro Deo
  Purgatoire
 

Au moment de franchir le seuil du purgatoire, les âmes ont été purifiées, de toute la faute, de toute la coulpe de leurs péchés. Mais elles demeurent encore pour la plupart sous des chaînes, sous « la rouille du péché » dit Sainte Catherine de Gênes, sous « les restes du péché » dit saint Thomas, c’est-à-dire sous le coup d’une obligation à la peine. La pureté de Dieu est si délicate et sa justice si exigeante que rien de ce qui porte, en quelque façon que ce soit, les traces du péché, ne peut, avant d’avoir été parfaitement purifié, paraître devant lui.

Il faudra donc que les chaînes des âmes soient brisées, que leur rouille soit nettoyée, que leur obligation à la peine temporelle soit accomplie.
C’est le rôle des souffrances purificatrices, appelées peine du sens, ou peine du feu, qui retiennent l’âme dans le lieu du purgatoire.
« De la part de Dieu, dit sainte Catherine de Gênes, le paradis n’a point de portes, mais quiconque veut y entrer, entre, car le Seigneur est tout miséricorde, et il se tient, vis-à-vis de nous, les bras ouverts pour nous recevoir dans sa gloire. Mais je vois aussi que cette divine essence est d’une telle pureté (elle l’est bien plus que nous ne pouvons l’imaginer), que l’âme qui a en soi le moindre atome d’imperfection se précipiterait en mille enfers plutôt que de demeurer, avec une tache, en la présence de la Majesté infinie. Trouvant donc le purgatoire disposé pour lui enlever ses souillures, elle s’y élance, et elle estime que c’est par l’effet d’une grande miséricorde qu’elle découvre un lieu où elle peut se délivrer de l’empêchement qu’elle aperçoit en elle. »
« Aucune langue, ajoute la sainte au même endroit, ne saurait exprimer, aucun esprit ne saurait se faire une idée de ce qu’est le purgatoire. » Elle estime que, pour la peine du sens, elle peut y être égale à la peine de l’enfer. Elle remarque que « néanmoins l’âme souillée de la plus petite tache reçoit le purgatoire comme l’effet d’une grande miséricorde et ne l’estime pas, pour ainsi dire, au prix de ce qui fait obstacle à son amour ».
Saint Thomas, qui se pose dans les Sentences la question du lieu du purgatoire, après avoir relevé que l’Écriture n’enseigne rien expressément sur ce point, estime qu’on peut considérer comme probable l’opinion suivant laquelle un feu identiquement situé punirait les damnés et purifierait les justes. Un peu plus loin, il tient que la peine du feu, en purgatoire, parce qu’elle atteint l’âme elle-même, laquelle est au principe de la sensibilité du corps, excède toutes les souffrances de cette vie. En parlant « non pas du feu éternel qui punira éternellement les impies », mais du feu qui purifiera ceux qui selon le mot de l’apôtre seront sauvés comme par le feu (I Cor., III, 15), saint Augustin disait déjà « que ce feu sera plus douloureux que tout ce que l’homme peut souffrir en cette vie ».
Cependant, cette souffrance du purgatoire est sainte.
 
 
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